Route · Présidence 2019 — 2023
Fédération des Bikers de France
Quatre années à la tête d'une fédération nationale de défense de la culture biker. Une fédération, pas un club : ni marque, ni modèle, ni cylindrée, ni chrome. Ce n'est pas la machine qui définit un biker, c'est l'esprit qui la chevauche.
- Organisation
- Fédération des Bikers de France (FBF)
- Nature
- Fédération nationale de défense des droits de la culture biker
- Mon rôle
- Président de 2019 à 2023
- Terrain
- Délégations départementales, festivals, concentrations, manifestations
- Site
- federationdesbikersdefrance.fr ↗
La force, le groupe, l'esprit de famille
Des milliers de personnes en France se reconnaissent dans le style biker et la culture custom. Le problème n'a jamais été le nombre : il a toujours été la dispersion.
Chacun menait son combat dans son coin, puis constatait le jour venu que les autres n'étaient pas là. Une fédération sert exactement à cela : se mettre à compter. Face à des décisions publiques qui touchent directement l'usage de la moto, une communauté qui parle d'une seule voix pèse ; une communauté fragmentée en centaines de groupes ne pèse rien.
La FBF : la force, le groupe, l'esprit de famille ↗
Une fédération ouverte, pas un club fermé
La FBF est ouverte à toutes et tous, sans distinction de marque, de modèle ou de cylindrée. Ce point n'est pas anecdotique : c'est ce qui la distingue d'un club de propriétaires ou d'un rassemblement de fans d'une seule machine. On y trouve des bikers aguerris, des motards indépendants, des membres de clubs, des professionnels de la custom culture — préparateurs, selliers, peintres, carrossiers, accessoiristes — et des gens arrivés à la moto sur le tard.
Le fonctionnement repose sur un maillage de délégués départementaux et sur un esprit participatif : plusieurs rendez-vous par an où chaque adhérent peut débattre et formuler des propositions.
Ce que j'y ai appris et ce que j'y ai retenu
Ce qui m'a le plus marqué dans ces rencontres, c'est le paradoxe entre une diversité considérable de parcours et un attachement commun très fort à la culture biker. Une centaine de bénévoles, des histoires de vie qui n'ont rien à voir les unes avec les autres, et pourtant une conviction partagée : cette fédération a une mission indispensable. Cette diversité n'est une richesse que lorsqu'elle se met au service d'un engagement — et cet engagement, c'est précisément ce qui unit.
Ce qui a été porté pendant le mandat
Quatre chantiers structurants
Le Run Bikers Tour de France
Une idée que j'ai proposée et portée : un roadtrip collectif à travers la France, volontairement « old school ». On roule ensemble, on mange ensemble, on dort ensemble, et le lendemain on recommence.
Villages Bikers de France
Un label destiné aux communes prêtes à accueillir correctement les motards, pensé sur un mode gagnant-gagnant entre les bikers et les commerçants d'un territoire.
Contrôle technique et ZFE
Deux dossiers qui touchent directement la liberté de rouler : l'imposition d'un contrôle technique des deux-roues et la mise en place des zones à faibles émissions.
Les patchs régions de France
Le développement d'une gamme de produits fédéraux, dont les fameux patchs des régions de France, devenus l'un des marqueurs visuels les plus reconnus de la fédération.
2020
Le Run Bikers Tour de France
Initié sur ma proposition, organisé par la Fédération des Bikers de France à partir de l'été 2020.
L'idée était de retrouver la passion des premiers pionniers bikers sur les routes de France : de la découverte, pas du déjà-vu, et de l'inconnu sans partir à l'autre bout du monde.
Le principe assumé était celui d'une aventure humaine à l'ancienne, et non d'un voyage organisé. Camping tous les soirs, repas du soir pris en charge par la fédération hors boissons, un t-shirt et un patch réservés aux participants. L'objectif financier était clair : que le reste à charge se limite à l'essence et à une participation minimale aux repas.
Nous n'avons rien caché de ce que cela impliquait. Vous ne pourrez pas prendre de douche tous les jours. Vous dormirez peut-être à même le sol. En échange, vous vivrez une vraie aventure collective, du premier au dernier jour. Chacun restait libre de réserver un gîte ou un hôtel s'il ne souhaitait pas dormir sous la tente : l'esprit biker, c'est aussi respecter la liberté de choix de l'autre.
Un biker n'impose pas sa vision. Il la partage, il l'explique, il essaie de convaincre — mais il ne l'impose pas. Être biker, c'est la liberté, pas la dictature.
Ce run a ensuite trouvé son public et son rythme. C'est, de tout ce que j'ai lancé à la fédération, ce qui a le mieux pris : parce qu'il ne demandait à personne d'autre qu'aux bikers eux-mêmes de dire oui.
2019 — retour d'expérience
Le label Villages Bikers de France
Un projet ambitieux, largement relayé dans la presse spécialisée et généraliste, qui n'a pas trouvé son public du côté des mairies.
L'idée : redonner de la vie à des villages et à des bourgades délaissés par le tourisme de masse, en organisant leur accueil des motards plutôt qu'en le subissant.
Le raisonnement était double. D'un côté, une commune qui accueille correctement les bikers gagne une clientèle réelle pour ses commerces, ses cafés et ses restaurants. De l'autre, les bikers démontrent qu'ils sont des touristes comme les autres, qui vivent simplement leur passion au grand jour et sans nuisance. Gagnant-gagnant.
Trois critères, volontairement exigeants
- Un stationnement pensé pour les motos. Des parkings moto gratuits en centre-ville, permettant de laisser en sécurité des machines qui dépassent parfois trente mille euros.
- Un engagement de la municipalité. Une délibération du conseil municipal, pour que le label soit un choix politique assumé et non une simple bonne intention.
- Un engagement collectif des commerçants. L'adoption d'une charte par une majorité des commerçants, prévoyant un bon accueil et une réduction pour les porteurs de la carte de membre.
Pourquoi cela n'a pas pris
Le label a été lancé en 2019, présenté dans la presse nationale et spécialisée, et un tour de France a été organisé pour aller à la rencontre des habitants. Quelques communes se sont portées volontaires. Le mouvement ne s'est pas amplifié.
Avec le recul, je crois que nous avons demandé aux mairies un engagement politique lourd — une délibération, une charte collective, une réduction commerciale — pour un bénéfice qu'elles n'avaient aucun moyen de mesurer à l'avance. Nous vendions une promesse de fréquentation à des élus qui avaient besoin d'une garantie. Et nous avons sous-estimé la persistance d'une image négative du motard, qu'un label seul ne suffit pas à corriger.
La leçon a servi. Aujourd'hui, avec Les Affamés du Bitume, la démarche est inversée : on ne demande pas à une commune de s'engager sur un label abstrait, on lui propose une journée précise, avec une date, un parcours et des motards qui viennent consommer sur place. La preuve d'abord, l'engagement ensuite.
Le Figaro — Lancement du label ↗ · Cafe Racer Only — Un label Villages Bikers de France ↗
Défense des usagers
Contrôle technique et ZFE
Deux dossiers qui ont occupé une part importante du mandat, et sur lesquels la fédération a mobilisé, manifesté et négocié partout en France.
Le contrôle technique des deux-roues
La position portée par la fédération n'a jamais été un refus de la sécurité routière. Elle repose sur un point factuel : la défaillance technique du véhicule n'intervient que dans une part marginale des accidents mortels de deux-roues, très loin derrière l'état des chaussées et le comportement des autres usagers. Un contrôle imposé sans concertation, dans un contexte de lobbying assumé des sociétés de contrôle, ne réduit pas ce risque : il ajoute une contrainte et un coût.
Au-delà, il y avait un enjeu culturel direct. La custom culture repose sur la modification et la personnalisation des machines, dans le respect des impératifs de sécurité. La fédération a défendu une reconnaissance officielle des acteurs et artisans de ce secteur, une harmonisation européenne des pièces aux normes CE et TÜV, et une procédure d'homologation simplifiée, accélérée et peu coûteuse pour les deux-roues modifiés.
Les zones à faibles émissions
Sur les ZFE, l'argument défendu était celui de la cohérence. Le deux-roues motorisé désengorge le trafic, occupe une fraction de la place d'une voiture et constitue une réponse crédible aux enjeux de mobilité urbaine. L'exclure des centres-villes au motif qu'il n'est pas assez récent revenait à sanctionner une solution en croyant régler un problème — et, très concrètement, à priver de mobilité des gens qui n'ont pas les moyens de changer de machine.
Ces combats ont été menés sur le terrain : manifestations et rassemblements dans de nombreux départements, souvent aux côtés d'autres organisations motardes, et rendez-vous avec les élus, les syndicats de mobilité et les représentants de l'État.
Identité visuelle
Les patchs régions de France
Une fédération a besoin de signes de reconnaissance. Pendant le mandat, la gamme de produits fédéraux a été considérablement développée, avec un objectif double : permettre à chacun d'afficher son appartenance, et donner à la fédération des ressources propres pour financer ses actions.
Les patchs des régions de France sont devenus le produit emblématique de cette démarche. Le principe est simple et parle immédiatement à un biker : on porte sa fédération et on porte sa région, sur le même cuir. Un patch n'est pas un objet décoratif dans ce milieu — c'est une déclaration d'appartenance, et c'est précisément ce qui en a fait le succès.